TEST ET TRAITEMENT DU VIH DANS LE CADRE DES OBJECTIFS 90-90-90

Selon le Rapport GAM 2020, A travers ce premier objectif, l’on vise à garantir l’accès au traitement aux 30 millions de personnes vivant avec le VIH grâce à l’atteinte des objectifs 90–90–90 d’ici 2020.

1. Pourcentage des personnes vivant avec le VIH connaissant leur statut sérologique

L’objet de cet indicateur est d’évaluer les progrès visant à accroître la proportion de personnes vivant avec le VIH qui connaissent leur statut sérologique et l’efficacité des interventions de dépistage du virus.

Les personnes vivant avec le VIH qui connaissent leur statut sérologique auront accès aux prestations de soins et de traitement nécessaires pour mener une vie saine et productive, et ainsi réduire le risque de transmettre le virus à d’autres personnes. La manière la plus efficace de garantir que les personnes vivant avec le virus connaissent leur statut est de proposer des prestations de dépistage sur les lieux et parmi les populations où le poids de la morbidité lié au VIH est le plus élevé.

Cette mesure constitue l’un des 10 indicateurs mondiaux présentés dans les directives unifiées sur les informations stratégiques de l’OMS 2015 concernant le VIH dans le secteur de la santé et elle permet de suivre le premier objectif des objectifs 90–90–90 : à savoir « 90% personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique d’ici 2020 ».

Les données qui suivent ont été tirées des rapports du PNLS de 2019 pour le numérateur et des Estimations SPECTRUM 2020 pour le dénominateur.

L’analyse du tableau II montre que plus de six personnes vivant avec le VIH sur dix (62,9%) connaissent leur statut sérologique au VIH en 2019 (58,4% en 2018). Un effort conséquent devrait être fourni en matière de dépistage des enfants car leur taux de dépistage est encore faible (un peu plus de trois enfants sur dix connaissent leur statut sérologique en 2019).

2. Pourcentage des personnes vivant avec le VIH recevant un traitement antirétroviral

Cet indicateur mesure les progrès accomplis dans l’administration d’un traitement antirétroviral à toutes les personnes vivant avec le VIH.

Il est prouvé que les traitements antirétroviraux réduisent la morbidité et la mortalité liées au VIH chez les personnes vivant avec le VIH, et ralentissent la transmission de l’infection. Des études ont également montré qu’un traitement précoce, indépendamment du nombre de CD4 d’une personne, peut s’avérer plus efficace et sauver des vies. L’OMS recommande actuellement de traiter toutes les personnes concernées.

Le pourcentage d’adultes et d’enfants recevant un traitement antirétroviral parmi l’ensemble des adultes et enfants vivant avec le VIH constitue un point de référence pour le suivi à long terme des objectifs internationaux et la comparaison des progrès entre les pays. Il s’agit de l’un des 10 indicateurs mondiaux figurant dans les lignes directrices unifiées sur les informations stratégiques relatives à l’infection à VIH dans le secteur de la santé 2015 de l’OMS.

Cet indicateur permet aussi de suivre le second des objectifs 90–90–90 : à savoir « 90 % personnes vivant avec le VIH reçoivent un traitement antirétroviral d’ici 2020 ».

Les données suivantes sont tirées du Rapports PNLS 2019 pour le numérateur et des Estimations SPECTRUM 2020 pour le dénominateur.

L’analyse des données ci-haut présentées fait état de plus de six PVVIH sur dix qui reçoivent un traitement antirétroviral en 2019. Pour le traitement antirétroviral des enfants, le pourcentage est passé de 24,9% à 33,3% entre 2018 et 2019.

Les données ci-dessous sont tirées des rapports PNLS 2019 et présentent le nombre de patients mis sous TARV par provinces.

Quatre provinces (Kinshasa, Haut-Katanga, Haut-Uélé et Ituri) sur vingt-six3 portent plus de 50% du poids du nombre de patients mis sous ARV en RDC.

3. Pourcentage de personnes vivant avec le VIH dont la charge virale a été supprimée

La charge virale individuelle est la mesure recommandée de l’efficacité du traitement antirétroviral et indique l’observance du traitement et le risque de transmission du VIH. Un seuil de charge virale <1000 copies/ml définit le succès du traitement selon les directives consolidées 2016 de l’OMS sur l’utilisation des médicaments antirétroviraux pour le traitement et la prévention de l’infection à VIH. Les personnes dont les résultats des tests de charge virale sont inférieurs au seuil doivent être considérées comme ayant une charge virale supprimée.

La suppression virale parmi les personnes vivant avec le VIH est l’un des 10 indicateurs mondiaux dans les lignes directrices unifiées de 2015 de l’OMS sur les informations stratégiques relatives à l’infection à VIH dans le secteur de la santé. Cet indicateur permet également d’évaluer le troisième et dernier «objectif 90» de l’ONUSIDA : faire en sorte que 90 % des personnes sous traitement antirétroviral voient leur charge virale supprimée d’ici 2020.

Les données suivantes sont tirées de Rapports PNLS 2019 pour le numérateur Estimations SPECTRUM 2020 pour le dénominateur.

L’analyse des données révèle que plus d’une personne sur dix (15%) ont des charges virales supprimées parmi les personnes testées en 2019. Comme le round passé, aucune désagrégation n’est disponible pour ces données.

4. Pourcentage et nombre d’adultes et d’enfants nouvellement diagnostiqués séropositifs dont la première numération des lymphocytes CD4 est inférieure à 200 cellules/mm3 et <350 cellules/mm3 durant la période de référence

Cet indicateur mesure les proportions de personnes qui n’ont pas reçu un diagnostic de VIH à temps.

Au fur et à mesure que les pays développent leurs services de lutte contre le VIH, il est important de surveiller si les personnes sont diagnostiquées à un stade précoce et quel pourcentage de personnes est encore diagnostiqué à un stade tardif. Un diagnostic tardif est préjudiciable à la santé des gens, et ceux qui ont un faible taux de CD4 sont plus susceptibles de transmettre le virus. A ce jour, les données sur le diagnostic tardif du VIH ne sont pas disponibles en RDC.

5. Pourcentage de sites de traitement en rupture de stock d’un ou de plusieurs médicaments antirétroviraux nécessaires sur une période déterminée

Cet indicateur mesure les performances du système de gestion des achats et des approvisionnements pour la mise à disposition des médicaments. Les conséquences d’une rupture de stock (selon l’ampleur de l’interruption et le nombre de personnes dont le traitement sera perturbé par la rupture de stock) sont importantes (risque de résistance aux médicaments).

À mesure que les pays intensifient les services de traitement antirétroviral, il est important de veiller à ce que les médicaments antirétroviraux soient disponibles pour ceux qui en ont besoin. Le traitement antirétroviral est une stratégie à long terme pour les personnes vivant avec le VIH. Les interruptions peuvent entraîner un échec thérapeutique et une résistance du VIH aux médicaments. Une gestion efficace des approvisionnements est nécessaire afin d’assurer un approvisionnement ininterrompu en médicaments antirétroviraux.

En RDC, bien que le financement de la riposte au VIH dépend en grande partie des partenaires étrangers, le quadrillage et la répartition efficiente des zones d’intervention ont permis de limiter les risques de rupture de stock. Néanmoins, les rares ruptures de stock qui peuvent ponctuellement arriver sont dues en grande partie à des problèmes de gestion d’approvisionnement et stock (surstock et péremption par-ci, rupture de stock par-là juste par manque d’une bonne quantification).

Les données chiffrées sur les ruptures de stock proviennent du Rapport annuel 2019 du PNLS (Gestion de stocks).

L’analyse des données révèle que seulement 2% des sites de traitement sont ou ont été en rupture de stock d’un ou de plusieurs médicaments antirétroviraux nécessaires en 2019 (4% en 2018).

6. Nombre total de personnes qui sont décédées d'une maladie due au sida sur une population de 100 000 personnes

La mortalité due au sida est une mesure des impacts des programmes de prévention, soins et traitement du VIH.
En effet, des efforts récents pour accroître l’accès à des médicaments antirétroviraux permettant de sauver des vies, notamment les directives 2016 de l’OMS qui recommandent de traiter tous les patients, devraient réduire considérablement le nombre de décès dus au sida, à condition que ces services soient accessibles et dispensés efficacement. Il est important d’évaluer l’impact de la lutte contre le VIH en suivant l’évolution dans le temps du nombre de décès dus au sida. Cet indicateur, qui correspond désormais au nombre total de personnes décédées d’une maladie liée au sida au cours de la période de référence divisé par la population (par tranches de 100 000), est aussi l’un des 10 indicateurs mondiaux figurant dans les Lignes directrices unifiées sur les informations stratégiques relatives à l’infection à VIH dans le secteur de la santé de l’OMS.
Les chiffres présentés dans le tableau ci-dessous sont tirées des estimations SPECTRUM 2020 version 5.87.

Le tableau ci-dessus nous montre le nombre total estimé de personnes qui sont décédées d’une maladie due au sida sur une population de 100 000 personnes est de 14 en moyenne en 2019 (avec une différence allant du simple au double des hommes aux femmes). Dans ce nombre, il y a toujours un peu plus de femmes que d’hommes (encore plus chez les moins de 5 ans et les personnes de plus de 15 ans).

7. Nombre de tests de dépistage du VIH réalisés (volume de dépistage) et le pourcentage de tests positifs transmis aux personnes (dépistage positif) au cours de l’année calendrier

Cet indicateur mesure les tendances du nombre de tests VIH effectués et l’efficacité des services de dépistage du VIH pour atteindre les personnes séropositives.

Le volume de test et les données sur la positivité sont utiles pour la surveillance du programme. Connaître le nombre de personnes testées chaque année et les modalités de test ou de recours aux autotests est essentiel pour la prévision des produits et la planification des ressources en personnel. Les données de séropositivité parmi les personnes testées qui ont reçu un résultat peuvent également aider à valider le nombre de personnes déclarées comme nouvellement diagnostiquées par le biais des systèmes de notification de routine et des estimations de la prévalence du VIH à partir des données d’enquête. Enfin, lorsqu’elles sont ventilées par âge, sexe, modalité de test et statut sérologique VIH, ces données sont utiles pour évaluer l’efficacité de la prestation des services de dépistage du VIH et combler les lacunes dans divers contextes et populations.

Outre les activités de suivi du programme, les volumes de tests annuels et les taux de positivité sont des intrants dans le modèle de l’ONUSIDA pour suivre les progrès vers l’atteinte du premier 90 (pourcentage de personnes vivant avec le VIH qui connaissent leur statut VIH). Ce modèle est principalement utilisé dans les pays dont les systèmes de notification des cas sont faibles et qui disposent également d’enquêtes nationales sur le VIH basées sur la population (voir l’indicateur 1.1).

Les chiffres présentés dans le tableau ci-dessous sont tirées du Rapport annuel du PNLS 2019.

L’analyse des données révèle que l’ensemble des tests effectués dont les résultats ont été reçus par une personne (volume de dépistage), seulement 2% des tests dont le résultat est positif ont été communiqués aux personnes en 2019 dans les établissements de santé, avec une prédominance de la porte du centre CDV5.

Dans les services de dépistage du VIH à l’échelle communautaire, l’analyse des données révèle que seulement 3,5% des tests positifs sont transmis aux personnes en 2019.

Au total, seulement 3,6% des tests positifs sont transmis aux personnes en 2019.
Il sied de noter que les données par rapport à l’autodépistage (Nombre total de kits d’autodépistage individuels ayant été distribués en une année) ne sont pas encore disponibles.